Pour une politique de paix : ce que porte le PCF dans un monde en guerre

Pour une politique de paix : ce que porte le PCF dans un monde en guerre

Par : Marouene Khadhraoui

Le monde que nous traversons en 2026 n'est pas simplement agité — il est en train de se recomposer en profondeur. Les conflits se multiplient : Ukraine, Gaza, Liban, Iran, Soudan... À un rythme que nous n'avions pas connu depuis des décennies, la guerre redevient un instrument ordinaire de la politique internationale. Face à cette réalité, quelle est la position des communistes français ?

Un monde en recomposition

Pour comprendre l'approche du PCF, il faut partir d'un constat sur la situation internationale. Nous ne sommes pas face à une série de crises isolées, mais face à une reconfiguration globale du capitalisme. La globalisation néolibérale construite depuis les années 1990 s'épuise. De nouvelles puissances — les BRICS, la Chine — contestent l'hégémonie américaine. Et face à cette contestation, l'impérialisme se reconfigure : le trumpisme représente une réponse autoritaire et militariste, qui s'affranchit du droit international pour imposer sa suprématie par la force. Attaques contre le Venezuela, blocus de Cuba, guerre déclenchée en Iran et au Liban sans mandat de l'ONU, menaces sur le Groenland et le Canada — le recours à la guerre devient un outil pour contrôler les ressources stratégiques et relancer l'accumulation du capital.

Dans ce contexte, l'Europe n'est pas un acteur neutre. Elle s'oriente au contraire vers une vassalisation croissante vis-à-vis de l'OTAN, une militarisation de son économie, et une incapacité structurelle à porter des initiatives de paix indépendantes.

Ce que défend le PCF

Face à ce tableau, le PCF porte ce qu'il appelle un "parti pris de la paix". Concrètement, cela signifie plusieurs choses.

D'abord, une politique étrangère française indépendante. La France a progressivement perdu sa capacité d'initiative diplomatique en s'alignant systématiquement sur l'OTAN et les orientations de l'Union européenne. Le PCF défend une France qui reprend sa voix propre sur la scène internationale, au service du droit international et non des intérêts d'un bloc militaire.

Ensuite, le respect du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Que ce soit en Palestine, en Ukraine, à Cuba ou en Iran, le PCF refuse que le sort des peuples soit décidé par des puissances impérialistes. Tout règlement durable des conflits doit passer par la consultation des peuples concernés et le respect du droit international — pas par des rapports de force.

Enfin, le PCF s'oppose à la logique de militarisation qui gagne l'Europe. L'augmentation des budgets militaires, présentée comme une nécessité de "défense", se fait au détriment des services publics, des salaires et de la transition écologique. Pour les communistes, la sécurité des peuples ne passe pas par davantage d'armement, mais par davantage de coopération, de développement et de justice sociale.

La paix, une question de classe

Ce qui distingue l'approche communiste d'un pacifisme abstrait, c'est qu'elle relie la question de la paix à celle des rapports économiques et sociaux. Les guerres actuelles ne sont pas des accidents de l'histoire, ni le simple résultat de dirigeants irrationnels. Elles s'expliquent par la logique même du capitalisme : la compétition pour les ressources, les marchés, les routes commerciales. Tant que cette logique n'est pas remise en cause, les conflits continueront de se multiplier.

C'est pourquoi le PCF défend des coopérations internationales fondées sur la solidarité plutôt que sur la domination, et exprime sa solidarité avec les peuples qui, de la Palestine au Rojava en passant par Cuba, portent l'aspiration à un monde libéré du colonialisme et de l'impérialisme.

Redonner à la France une voix pour la paix

Pendant des décennies, la France a joué un rôle particulier dans la diplomatie mondiale — un rôle fondé sur une certaine indépendance vis-à-vis des blocs. Cette tradition s'est progressivement effacée. La revendiquer à nouveau n'est pas une nostalgie : c'est une nécessité. Dans un monde multipolaire et instable, une voix française indépendante, au service du droit international et de la souveraineté des peuples, manque cruellement.

C'est ce que portent les communistes français. Non par naïveté, mais parce que la paix est une condition indispensable à tout progrès social, écologique et démocratique.

Agir pour la paix, c'est agir pour nous

La paix n'est pas un idéal lointain réservé aux diplomates. Elle est une condition concrète de nos vies quotidiennes. Chaque milliard supplémentaire consacré aux budgets militaires est un milliard de moins pour les hôpitaux, les écoles, les transports publics. Chaque guerre prolongée produit des réfugiés, des destructions, des traumatismes qui se mesurent en générations. Et dans un monde doté d'arsenaux nucléaires, l'escalade n'est jamais un risque théorique.

Porter la question de la paix aujourd'hui, c'est donc refuser une fatalité. Ce n'est pas accepter que la guerre soit la norme, que les peuples soient des pions dans des jeux de puissance qui les dépassent, que la sécurité de quelques-uns se construise sur l'insécurité des autres. C'est affirmer qu'un autre ordre mondial est possible — fondé non sur le rapport de force, mais sur le droit, la coopération et le respect mutuel entre les nations.

C'est ce combat que mènent les communistes français. Et c'est un combat qui nous concerne tous.